Article paru dans la revue : BIOÉNERGIE n° 38 de novembre 2008.

Désormais, le vaccin Infanrix hexa (vaccin contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, la poliomyélite, les infections à Haemophilus influenzae et l’hépatite B) est remboursé à 65 % (prix public : 40,76 €).

Ce vaccin, fabriqué et commercialisé par les laboratoires GlaxoSmithKline (GSK) depuis début 2004, est un vaccin dit hexavalent. C’est-à-dire qu’il contient les cinq valences vaccinales de l’Infanrix quinta auxquelles on a adjoint la valence du vaccin contre l’hépaite B.
Cette vaccination peut être officiellement utilisé chez le jeune nourrisson, jusqu’à l’âge de 36 mois, afin de l’immuniser contre l’hépatite B et cinq autres maladies d’un coup en la répétant, selon les recommandations du calendrier officiel des vaccinations, à trois reprises (2 mois, 4 mois et rappel entre 16 et 18 mois).
La nouvelle disposition du ministère de la Santé est dans la suite logique de sa campagne de vaccination généralisée contre l’hépatite B chez l’enfant, campagne qu’il a instaurée, sous l’égide de l’OMS, depuis les années 1994-1995, alors qu’il n’existait et qu’il n’existe toujours pas, dans notre pays, la moindre menace épidémique concernant cette infection, et particulièrement dans l’enfance. La mise à disposition gratuite et la banalisation de ce vaccin hexavalent qui en découlera est un pas de plus dans l’effort insistant de nos autorités sanitaires pour « protéger » à tout prix toute une frange de la population qui n’est absolument pas concernée par cette infection qui se propage par voie sexuelle et sanguine.

Rappelons que deux vaccins hexavalents contenant la valence antihépatite B étaient commercialisés en Europe depuis l’année 2000, l’Infanrix hexa (laboratoires GSK) et son concurrent français l’Hexavax (Aventis Pasteur – MSD). Rappelons aussi qu’une alerte sérieuse avait été lancée à propos de l’innocuité de ces vaccins par l’Agence européenne du médicament (EMEA) en avril 2003. On apprenait alors que cinq observations de mort subite avaient été recensées dans les 48 heures qui avaient suivi une injection de rappel vaccinal hexavalent, sur une période de deux ans et demi en Allemagne et en Autriche, et ceci chez des enfants de plus d’un an (âge auquel la mort subite du nourrisson est exceptionnelle). L’Agence française de pharmacovigilance (Afssaps), dans un communiqué ultérieur, se voulait rassurante en réaffirmant que « la balance bénéfice-risque de ces vaccins combinés, utilisés pour protéger contre six maladies infectieuses graves, demeurait favorable » et qu’aucun cas de mort subite ne lui avait été rapporté en France. Il était alors cependant troublant de lire, dans ce même communiqué, que le nombre de cas observés de mort subite en Allemagne, même s’il était peu élevé (quatre), était supérieur au nombre de cas attendus dans cette tranche d’âge et durant cette même période. Un reportage diffusé à l’automne 2007, sur la chaîne de télévision ARTE, s’est d’ailleurs fait l’écho de ce sérieux problème.
Conséquence ou coïncidence, nous avons appris, deux ans plus tard, que le vaccin Hexavax était retiré du marché. La raison officielle en était une variabilité des procédés de production du composant hépatite B capable, à long terme, de diminuer l’efficacité des autres valences vaccinales qui y étaient associées.
Son concurrent, l’Infanrix hexa, voit donc à présent ouvertes les portes d’un marché vaccinal européen énorme. Sa prise en charge par l’Assurance-maladie, dans notre pays, va venir bien sûr y booster ses ventes. En dehors de cet aspect commercial, des effets pervers sont cependant à redouter. Je passerai sur le coût occasionné à notre à notre système d’Assurance)maladie qui avait déjà largement souffert lors du lancement de cette campagne vaccinale universelle au cours de laquelle trente millions de Français avaient été abusivement vaccinés sous l’influence d’un marketing provaccinal basé sur la peur et la désinformation. Je passerai sur le coût des examens, des hospitalisations et des indemnisations accordées aux centaines de victimes d’effets indésirables postvaccinaux, qui risque de s’amplifier.

L’inclusion du vaccin contre l’hépatite B dans un « kit polyvaccinal » fera passer la pilule en douceur, si l’on peut s’exprimer ainsi. Le médecin prescripteur n’aura même plus besoin de prononcer le mot qui fâche ou fait sursauter (hépatite B), il prescrira Infanrix hexa sur l’ordonnance et le tour sera joué. Le ministère de la Santé espère bien sûr, par cette technique astucieuse, sournoise diraient certains, augmenter la couverture vaccinale contre l’hépatite B dans notre pays, couverture qui plafonne chez le nourrisson aux alentours de 30 % malgré tous les messages officiels de réassurance sur l’innocuité totale de ce vaccin. Il va proposer une vaccination gratuite à une clientèle que l’on peut qualifier de captive, chez qui l’on pratique à plusieurs reprises des injections de vaccins en série sans ne plus trop savoir de quel vaccin il s’agit tant ils se multiplient d’année en année.

En pratique, des nourrissons vont être vaccinés contre l’hépatite B sans que la plupart des parents le sachent vraiment ou n’aient à dire ce qu’ils en pensent. Quelques mois ou années plus tard, certains d’entre eux découvrirons avec étonnement ou stupeur que leur enfant a été vacciné contre l’hépatite B sans qu’ils l’aient su ou qu’on les ait même informés. Autre cas de figure, des enfants de recevoir deux fois le vaccin contre l’hépatite B, une fois avec cet Infanrix hexa (qui ne dit pas son nom) et une autre fois, de façon séparée et isolée, si jamais les parents vont voir un autre médecin qui ne prête pas attention et ne regarde que la case restée vide du vaccin antihépatite B dans le carnet de santé.

Le code de déontologie du Conseil de l’ordre des médecins est en principe là pour veiller au grain. Je ne suis malheureusement pas persuadé que tous les praticiens respecteront ce droit du patient à l’information (ou de ses représentants pour un mineur) et qu’ils ne s’autoriseront pas à penser, à la place des parents, que leurs convictions vaccinales en matière d’hépatite B sont le meilleur choix pour tous les enfants qu’on leur confie. La rapidité excessive des consultations médicales découlant du paiement à l’acte ne permettra pas de respecter souvent toute l’information nécessaire. LA lassitude, la routine et la banalisation du geste vaccinal feront le reste.
Il faut enfin souligner que le calendrier vaccinal français actuel recommande de réaliser le même jour, en un site différent, le vaccin « Prevenar » qui associe sept valences différentes de pneumocoques. C’est donc maintenant quasiment 6+7 = 13 vaccins que l’on nous incite à injecter le même jour chez un nourrisson de 2 mois, au système immunitaire en pleine évolution. On peut bien évidemment rester très perplexe voire très inquiet sur les bienfaits à long terme de telles sollicitations immunitaires ultra précoces et répétitives.
Chacun connaît déjà les effets indésirables, sclérose en plaques SEP), maladies auto-immunes, myofasciite à macrophages…, qui ont été décrits dans les suites du vaccin contre l’hépatite B chez l’adulte. L’association REVAHB (Réseau vaccin hépatite B) a grandement contribué à en recenser la liste. Cette association a pu jouer un rôle éminent de vaccinovigilance en France, en obligeant les organismes officiels de l’Afssaps à en reconnaître la réalité et à multiplier les études épidémiologiques. ces effets indésirables, encore niés par la majorité du corps médical, n’ont pu être prouvés scientifiquement de façon formelle du fait de leur caractère finalement rare. ceci nécessiterait des études statistiques sur de plus larges franges de population. Une seule étude, réalisée sur un échantillon de population britannique, s’est révélée nettement démonstrative, en retrouvant un risque multiplié par 3,1, par rapport à une population témoin non vaccinée, de voir apparaître une SEP dans les trois années qui suivent une vaccination contre l’hépatite B.

Nos autorités sanitaires ont donc pris des précautions avant de relancer cette vaccination des nourrissons et des enfants. Une étude sur la population pédiatrique française atteinte de SEP a été publiée récemment et laisserait penser que les SEP pédiatriques ne seraient pas plus fréquentes dans la population vaccinée contre l’hépatite B. Les critiques méthodologiques de ce papier sont indéniables. Cette étude permettra cependant à nos responsables sanitaires de se dédouaner en cas de problèmes postvaccinaux et de nier toute possibilité d’effet indésirable, publication scientifique à l’appui. Même si les problèmes de santé rencontrés chez l’enfant dans les suites de cette vaccination paraissant beaucoup plus exceptionnels que chez l’adulte, ils n’en sont pas moins graves. L’association REVAHB a malheureusement eu à en connaître quelques-uns, en dehors des SEP que l’on pointe trop facilement comme seul problème potentiel. D’autres manifestations neurologiques ont été rapportées : névrite optique, myélite, leuco-encéphalite, syndrome de Guillain-Barré. Le laboratoire SKB a d’ailleurs été condamné par la justice du Maroc pour la survenue, quelques jours après un vaccin Engerix B, de cette affection chez un jeune garçon de 19 mois qui en a gardé depuis des séquelles graves. Des maladies auto-immunes sont aussi rapportées : polyarthrite rhumatoïde, dermatomyosite, hépatite auto-immune, diabète, thrombopénie…
On ne voit d’ailleurs pas pourquoi une vaccination qui déclenche parfois des problèmes graves de santé chez l’adulte, personnes probablement prédisposées, serait totalement anodine chez le jeune enfant. Même si les manifestations sont différentes et semble-t-il beaucoup plus exceptionnelles, leur existence et leur gravité sont trop importantes pour que l’on puisse faire courir le moindre risque à un nourrisson en le vaccinant contre une maladie qu’il ne peut pas contracter à cet âge de la vie dans notre pays. Le prétexte de vouloir lui assurer une protection efficace à l’âge adulte, quelque vingt ou trente années plus tard est également un argument fallacieux. Des études sur la protection immunitaire réalisées chez des adolescents taïwanais vaccinés dans leur prime enfance montrent l’absence de toute mémoire immunitaire deux fois sur trois.
L’obstination dogmatique de nos autorités de Santé à vouloir faire vacciner toute la population infantile française contre l’hépatite B les oblige à présent à promouvoir une vaccination banalisée, masquée, qui ne dit pas son nom et engendrera volontairement la confusion chez beaucoup de parents. Si jamais de graves complications postvaccinales sont à nouveau décrites chez le jeune enfant, comme on peut malheureusement le craindre, leur responsabilité sera à mettre au premier plan. Pourtant, le négationnisme de toute possibilité de complication postvaccinale continuera d’être la vert première des zélateurs infatigables du vaccin antihépatite B. Au besoin les arguments mensongers continueront de fleurir (problème franco-français des SEP postvaccinales, absence de myélinisation du nourrisson qui ne peut donc pas se démyéliniser…). toute ressemblance avec des effets indésirables déjà décrits ne sera donc que le fruit du plus pur des hasards et le fameux rapport bénéfice/risque sera sauf…

Dr Dominique LE HOUÉZEC. Pédiatre, conseiller médical du REVAHB

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